« Notre action a été décisive à Dichato » [es]

Avant de quitter le territoire chilien sur lequel il était présent depuis le 24 janvier, le lieutenant-colonel Rémy Cottin, porte-parole du contingent de Sécurité civile venu combattre les incendies au Chili, fort de 70 femmes et hommes, a répondu aux questions de l’Ambassade de France au Chili.

JPEG

Ambassade de France : "Quel a été votre rôle sur le terrain ?"

Lieutenant-colonel Rémy Cottin : "Nous avons essentiellement servi à apporter des moyens terrestres, et donc à renforcer les brigades de la Conaf sur les différents sites d’incendie. Notre contingent a travaillé sur trois sites différents : à Dichato, à Chaimavida (région du Biobío) et à Las Pataguas (région du Libertador General Bernardo O’Higgins). Sur ces trois sites, nous étions intégrés aux dispositifs de la Conaf, ce qui signifie concrètement qu’on nous confiait une partie du site sur lequel nous devions veiller à l’extinction de ce qui était susceptible d’être un foyer de reprise JPEG d’incendie. Notre travail a principalement consisté à empêcher que le feu ne reprenne sur ces sites. Car nous sommes arrivés au moment où le pic de l’incendie était passé, mais c’est justement à ce moment-là qu’il faut être le plus vigilant et c’est là où le travail est le plus important. En effet, le risque le plus grand, quand un incendie se calme ─ à la faveur principalement d’une amélioration de la météo, ne serait-ce qu’à la faveur de la nuit tout simplement ─, c’est que le lendemain, du fait des températures élevées, du vent, de la sécheresse, le feu ne reprenne. Et donc l’idée a été vraiment d’agir sur ces zones qui se situent principalement sur le pourtour du feu pour éviter ce qu’on appelle les « reprises de feu ». Et ça, c’est un travail essentiel, car quand le feu est là et qu’il est fort, qu’il avance par lui-même, c’est vraiment difficile de le contenir, de l’arrêter. Tandis que quand il se calme par lui-même, c’est là qu’il faut agir. Et c’est là où nous avons agi."

JPEG

A.F : "Quel a été l’endroit et le moment le plus critique pour vous ?"

R.C. : "Notre action a été décisive à Dichato (les 31 janvier et 1er février). On est venu nous prévenir en plein milieu de la nuit que ce feu était arrivé aux portes de la ville. Et donc nous avons décidé, avec les autorités locales, d’être envoyés directement au petit matin, tôt, pour éteindre le feu aux lisières de son expansion, sur le périmètre le plus proche de la ville. Notre travail, là, a été décisif car nous étions déployés sur plus d’un kilomètre de front le long de la ville de Dichato."

A.F. : "Qu’est-ce qui vous a marqué ?"

R.C. : "C’est d’abord l’ampleur des feux qu’a connu le Chili et sur une partie desquels, nous avons travaillé. Et donc d’un point de vue professionnel, c’était une expérience vraiment unique. Et la deuxième chose qui nous a marqué, c’est la solidarité de la population. Une solidarité qui se traduisait aussi bien par le travail réalisé par la population, directement, à notre profit ou au profit des Chiliens spécialisés, mais aussi la solidarité de la population vers nous, tout simplement, en nous apportant de l’eau, de la nourriture même jusque sur nos chantiers. Et ça, c’était quelque chose qui nous a vraiment marqué, surtout que la solidarité s’exprimait aussi entre les Chiliens qui avaient tout perdu et ceux qui avaient encore la possibilité de donner."

JPEG

A.F : "A quoi vous référez-vous par le « travail réalisé par la population » ?"

R.C. : "Spontanément, les gens venaient aider, plus ou moins organisés, et d’ailleurs c’était un défi pour la Conaf d’être capable de les intégrer. Il y avait une organisation justement qui s’occupait de ces volontaires pour les employer au mieux sur les parcelles de terrain qui correspondaient à ce qu’ils pouvaient apporter. Ces gens venaient avec des pelles, des râteaux, de quoi créer des pare-feu, de quoi séparer les combustibles. Et aussi, ce que je vous disais, il y avait cet élan de solidarité de la population qui venait tout simplement nous dire qu’ils étaient contents de nous voir et qui le matérialisait avec un peu d’eau, un peu de nourriture… Du coup, nous avons goûté à beaucoup de spécialités chiliennes en arrière des zones de travail !"

JPEG

Crédits photos : Francisco Arias/Sipa Press et Sécurité Civile.

publie le 16/02/2017

haut de la page